dimanche 3 septembre 2017

Réunion ouverte à toutes et tous de co-construction du Programme des « Rencontres de Die » de Janvier 2018, le lundi 25 septembre 2017 à 18h30,



Réunion ouverte à toutes et tous de co-construction du Programme des « Rencontres de Die » de Janvier 2018, le lundi 25 septembre 2017 à 18h30, salle des Sociétés, rue Joseph Reynaud, de Die (face au Tchaï Walla). Repas partagé à 20 heures.
L’éthique du développement durable ou Greenwashing ? aux Rencontres de Die du 25 Janvier 2018 au 04 février 2018)

Des repères pour orienter les décisions vers un monde plus solidaire
Le développement durable est un processus participatif de prise de décision participatif. Les décisions humaines sont imprégnées d’une éthique ou de valeurs et quand elles sont prises en groupe. Ces valeurs peuvent se contredire. Les valeurs du développement durable peuvent offrir aux acteurs  du DD des points de repère pour orienter leurs décisions vers un monde plus solidaire. 
L’éthique : c’est abstrait et ça décrit toujours des utopies ! L’éthique est une réflexion sur un idéal, mais c’est aussi une pratique quotidienne. Dans le cadre du développement durable (DD), l’éthique à développer par les acteurs vise à changer le monde.  Il ne faudra donc pas s’étonner de décrire parfois des utopies ou au moins des idéaux que l’on ne rencontre pas… encore !
L’éthique, la morale et la déontologie, comme les lois, définissent ce qui est bien, permis ou juste ou mal, défendu ou injuste. Elles ne peuvent empêcher totalement les comportements déviants, mais elles permettent de les rejeter. Elles permettent aussi de réfléchir à ce qu’il convient de faire quand il s’agit de trouver une cohérence interne entre les croyances, les valeurs, les prescriptions culturelles et les choix personnels.
 Alors que la  science tente de démêler le vrai du faux, l’éthique s’occupe de distinguer le bien du mal.
L’éthique : c’est très général et ça ne s’applique pas aux situations concrètes.
Il est parfois très difficile dans certaines situations de savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Pourtant l’éthique tente de définir des principes universels.  Par exemple : la règle morale : « tu ne mentiras pas » peut être considérée comme une loi générale parce que personne ne pourrait souhaiter que le fait de mentir soit reconnu comme une bonne chose. 
Mais dans les situations particulières, mentir est parfois la meilleure chose à faire, par exemple, par compassion.  Omettre de dire à ma grand-mère malade sur son lit d’hôpital que mon meilleur ami, qu’elle a bien connu et qu’elle aime beaucoup, se meurt d’un cancer me paraît un comportement plus éthique que de lui dire cette vérité qui l’attriste et ne lui apporte rien, simplement, pour ne pas mentir.
 Il faut donc distinguer des règles morales très générales et les décisions éthiques que l’on doit prendre dans l’action quotidienne. Tous les codes de déontologie reprennent des règles générales.  L’éthique dans l’action s’inspire de ces règles générales, mais accepte les contradictions entre les valeurs morales et oblige à faire des choix. Les éthiciens appellent cela : « prendre la meilleure décision dans les circonstances » et pas « prendre la bonne décision ».
Ce raisonnement est particulièrement intéressant pour agir dans le cadre d'un application du DD et donc pour alimenter les réflexions des personnes impliquées dans des processus participatifs comme les vrais  projets–programmes de résilience locale.
Oui, mais comment faire pour savoir quelle est la meilleure décision dans les circonstances ?
La meilleure décision dans les circonstances demande une réponse positive aux trois questions suivantes : la décision que je (nous) veux (voulons) prendre est-elle impartiale ?  Un juge sans parti pris, prendrait-il la même décision ? ; La décision que je (nous) veux (voulons) prendre est-elle réciproque ? Cette décision me paraîtrait-elle juste si quelqu’un d’autre me l’appliquait ? ; La décision que je (nous) veux (voulons) prendre est-elle exemplaire ? Irait-on vers une meilleure société si tout le monde prenait la même décision ?
Qu’est ce que la « moraline ? » Ce terme désigne cette forme de fausse morale qui s’indigne sans agir. Il est utilisé aussi pour désigner ce comportement qui réduit l’autre à une de ses caractéristiques (il est mauvais parce que c’est un industriel ou parce que c’est un environnementaliste, par exemples) ou au pire moment de sa vie (il est mauvais parce qu’il s’est drogué).
Selon Morin (2004), il faut apprendre à « bien penser » et s’exercer par la « culture psychique » pour développer une auto-éthique qui responsabilise. Le « bien penser » recherche la multidisciplinarité et la complexité, intègre les émotions et la raison, la science et l’éthique.  « Bien penser », c’est aussi reconnaître sa propre capacité d’aveuglement et lutter contre les déformations de la mémoire, les oublis sélectifs, l'auto-justification et la « moraline » qui réduit autrui à son pire aspect ou au pire moment de sa vie.
Y-a-t-il quand même des balises plus précises pour prendre des décisions qui vont dans le sens du développement durable ? Le DD est basé sur un certain nombre de valeurs et il offre donc des règles morales générales.  Les « Programmes de Résilience Locale » s’inscrivent très bien dans ce cadre éthique. Le DD se conçoit dans la complexité. Cinq principes, qui sont autant de valeurs, peuvent aider à la réflexion pour les actions de terrain :
le DD impose l’inclusion de contraires ;
le DD est démocratique ;
le DD est bio holistique ;
le DD est solidaire et responsable et 
le DD est orienté vers l’action.
Le développement durable impose l’inclusion de contraires
« Le grand défi, auquel l’humanité est aujourd’hui confrontée, c’est de mettre en œuvre un développement économique durable qui ne laisse pas au bord de la route des populations entières du globe et qui respecte les équilibres naturels de la Terre » (Reeves, 2003). Ce serait une faute éthique de réduire le DD à un ou deux de ses composantes seulement en oubliant les autres.  Par exemples, implanter une porcherie ou un magasin à grande surface sur la base de critères économiques seulement ou les refuser sur base de critères écologiques seulement, ce n’est pas du DD. Il faut donc renoncer à placer le « bien » dans une décision optimale monocritère.  Ce qui est de l’ordre du « bien », du « juste » ou du « bon », ce sont les décisions faisant place à l’ensemble des enjeux des différents acteurs et donc à l’ensemble des besoins humains.
Le développement durable est démocratique
La démocratie se nourrit d'opinions contradictoires. Les décisions de DD doivent être issues d’un dialogue entre des acteurs considérés comme égaux mais aux intérêts divergents et légitimes. Le dialogue est indispensable pour le DD : ce qui est plus décisif que le regard scientifique, c'est la capacité à écouter les autres et à s'expliquer avec eux. Lorsque vous êtes en état d'intercommunication, nous dit Jacquard (1998), un plus apparaît. Grâce à l'invention du langage, sous toutes ses formes, nous avons inventé un ensemble plus riche.
Le DD vise l’inclusion de contraires pour des décisions « meilleures ». Le processus participatif de prise de décision, comme l'A21L,  augmente la capacité des acteurs concernés à lire les situations à partir d’une éthique de la complexité.
Les procédures qui entourent le dialogue doivent être explicites pour que le contenu de la discussion soit libre. « Si plusieurs acteurs sont concernés, il faut agir de manière à ce que chaque acteur ait des chances égales d'être entendu, que les règles soient claires et les mêmes pour tous et que le processus lui-même soit transparent et vérifiable par tous. » (Beauchamp, 2006) 
Le développement durable est anthropocentrique
Il est biologiquement impossible de couper l’homme du reste de la planète et d’un point de vue éthique, le suicide collectif de l’espèce humaine ne peut être souhaité  (Jonas, 1998). Ce sont les besoins humains dans la nature que nous devons satisfaire de manière durable, c’est-à-dire en respectant les capacités des écosystèmes à soutenir la vie.  Les décisions de DD sont conçues avec l’homme à l’intérieur des écosystèmes, pas pour en faire un destructeur sans scrupule, mais pour inclure son existence dans les écosystèmes naturels et les respecter dans leurs processus. L’homme n’est pas dissocié de la nature, mais il n’en est pas non plus un élément comme un autre.  Morin (1999) constate ainsi que l’homme est à la fois  un élément de la nature et qu’il est aussi au-dessus de la nature. Le caractère anthropocentrique de l’éthique du DD se déploie dans la recherche d’une conscience et donc d’une responsabilité accrue de l’homme par rapport à ses actions dans la nature. Le « principe espérance », à savoir demain sera meilleur qu’aujourd’hui, est remplacé par « le principe responsabilité ».  Jonas (1998) fait donc de la responsabilité la valeur des valeurs. Ce développement de conscience passe par une collaboration entre les nombreux experts dans toutes les disciplines.
Tout en reconnaissant la nécessité d’une vie bonne pour les individus, le DD basé sur un souci de l’autre, qu’il soit un acteur présent ou un acteur absent. La visée du DD est humaniste. Ses valeurs sont de l’ordre de la solidarité avec les générations actuelles tant au nord qu’au sud de la planète.  Il est aussi solidaire des « acteurs absents » : les générations futures et le vivant en général.  Le DD inclut donc une valeur de respect de la Vie en soi tant dans le domaine de la biodiversité que de la sociodiversité.
Le développement durable est centré sur l’action
Le DD se centre plus sur l’action pour un monde meilleur que sur la contestation des défauts du monde. Il s’agit d’appliquer le principe de précaution dans son sens d’  «action prudente », et pas dans le sens de s’abstenir d’agir.  Les décisions d’aujourd’hui auront des effets impossibles à prévoir : demain n’est pas complètement déterminé par aujourd’hui et hier n’est pas aujourd’hui.  Accepter la complexité, c’est aussi intégrer l’incertitude : toutes les incertitudes scientifiques et les incertitudes sur les conséquences de certaines de nos actions. Il y a des limites à la prévisibilité des résultats d’une décision parce qu’ils dépendent non seulement des intentions de l'acteur, mais aussi des conditions propres à la mise en œuvre de l’action. Les « meilleures décisions dans les circonstances » resteront donc toujours un pari.
Pour rendre tout cela plus opérationnel, on pourrait dire que le DD est « POUR ET AVEC ».  Il oblige à se centrer sur l’action beaucoup plus que sur la contestation (POUR est ici opposé à CONTRE).  Il  s’appuie sur tous les savoirs (ET est opposé à OU) et il intègre tous les acteurs (AVEC est opposé à SANS).
Le développement durable est solidaire et responsable
L’éthique, c’est tellement compliqué, n’est-ce pas plus sûr de se tourner vers la science ?
La science tente de démêler le vrai du faux, pas le bien du mal. Les découvertes scientifiques et leur utilisation dans des technologies permettent le meilleur comme le pire, les avancées de la médecine comme la bombe atomique. Science et éthique sont donc indispensables dans les décisions de DD. Lors de l’implantation d’A21L, rechercher et diffuser les connaissances scientifiques disponibles et discuter des principes éthiques permettent de prendre des décisions responsables, c’est-à-dire « les meilleures décisions dans les circonstances ».
Que retenir ? La  science tente de démêler le vrai du faux, l’éthique s’occupe de distinguer le bien du mal ; les « Programmes de Résilience Locale » s'inscrivent dans les valeurs morales du DD qui sont autant de valeurs qui peuvent aider la réflexion et les actions de terrain ; l’implantation d’un « Programmes de Résilience Locale » permet de prendre des décisions responsables, c'est-à-dire « les meilleures décisions dans les circonstances ».
 Ecologie au Quotidien
DIE, Rhône-Alpes, France
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« Réseau Diois Transition Biovallée de la Drôme »
Vidéos des Rencontres de l'Ecologie
Film de 1,56mn : http://www.terrealter.fr/voir.php?id=4
2009 Film de 2,30mn : http://www.dailymotion.com/video/xa2yh4_ecologie-au-quotidien_webcam?from=rss

dimanche 20 août 2017

XVIèmes Rencontres de Die 2018 : Du vendredi 26 janvier au dimanche 04 février 2018...



Mieux vivre ensemble… Osons la fraternité !
XVIèmes Rencontres de Die 2018

Du vendredi 26 janvier au dimanche 04 février 2018

A Die, le Diois et dans la Biovallée
Réunion publique ouverte à toutes et tous de coconstruction du programme 2018 salle Fondgiraude de Die ce lundi 28 aout 2017 à 18.30 heures


 « Nous sommes dans une situation historique, ou l’humanité risque la sortie de route. Pour éviter la sortie de route pour l’humanité, il est très important de développer un imaginaire positif. Et l’imaginaire positif c’est du désir d’humanité. « Certes, l’humanité est au 21ème siècle confrontée à des rendez vous cruciaux sur lesquels elle joue sa propre existence ; mais de la même façon que le rameau hominien, qui a failli disparaître à plusieurs reprises, a été capable de se maintenir et de progresser, parce que il y a eut des sauts qualitatifs dans l’ordre de la conscience, à l’intérieur de l’évolution biologique nous sommes confrontés à un problème qui n’est pas dans l’ordre de l’évolution biologique, qui n’est pas dans l’ordre de l’hominisation mais qui est dans l’ordre de l’humanisation. » La question que posait Patrick Viveret « aux Rencontres de Die », en 2016 pose est « Comment grandissons nous en humanité ? Comment saisissons nous l’occasion de ces défis ? Défi écologique, défi de passer des guerres de civilisations à des dialogues de civilisations, défis d’une construction d’une citoyenneté et d’une démocratie mondiale. » La question est donc bien : « Quel est l’offre de projet de vie ? » Tant pour les individus que pour l’humanité.
Et c’est là, qu’il suggère de « produire de la haute qualité démocratique, c’est à dire une démocratie qui change la nature du rapport au pouvoir ». Il rappelle que c’est d’ailleurs le cœur du programme auto-gestionnaire , et remarque qu’il y a une formidable actualité de la question auto-gestionnaire ; parce que « la question humaine c’est la question de l’auto-gouvernance de l’humanité par elle même ».
Il y a eu un moment donné où, pour faire vraiment de la politique, il fallait construire la mutation d’une société qui était une société civile en une société civique. C’était l’émergence de tous ces mouvements de citoyenneté active dont le mouvement alter-mondialiste est une des formes. Mais je considère qu’il s’agit toujours d’un enjeu de nature politique. Il n’y a pas en effet une exclusivité des partis politiques sur la question politique.
L’humanité risque la sortie de route
Nous sommes dans une situation historique où l’humanité risque la sortie de route. C’est le point majeur à partir duquel il nous faut raisonner. L’humanité est une espèce extraordinairement jeune, par rapport à d’autres espèces animales et cela même si nous prenons le rameau hominien dans son ensemble.
C’est bien sûr encore plus le cas si nous nous centrons sur le prétendu Homo Sapiens Sapiens dont Edgar Morin a raison de dire qu’on ferait mieux de l’appeler Homo Sapiens Démens, car sa folie est au moins égale à son génie ! Qu’est ce que cent mille ans dans l’histoire d’une espèce ? Ce n’est pas faire du catastrophisme que de dire que cette espèce extraordinairement jeune risque la mortalité infantile.
C’est à dire que nous sommes dans une situation ou les conditions, soit de notre propre auto destruction soit de la destruction des conditions écologiques de notre habitat, soit, ce qui est plus subtil et qui est également très important, la destruction de notre désir d’humanité sont réunies. En effet, derrière le més-usage des conditions du vivant, dont le clonage n’est que la forme émergée, il y a des éléments beaucoup plus fondamentaux dès lors que l’espèce humaine est en train d’acquérir les conditions de sa propre production et donc, éventuellement, de sa propre mutation, d’ou l’enjeu du débat autour de la post humanité. Quand on rassemble ces trois grands risques, le fait que depuis Hiroshima l’humanité s’est constituée comme sujet négatif de sa propre histoire et qu’elle ne se réussit pas à se re-construire en sujet positif de sa propre histoire, le fait que si l’humanité détruit les conditions de son habitat écologique et le fait qu’elle ne porte pas en elle un désir d’humanité suffisant, cette humanité là peut parfaitement voir sa propre aventure se terminer , et se terminer en tête à queue !
Çà n’est pas une question de millénaire. C’est quelque chose qui commence à se jouer, et dont une partie non négligeable va se jouer dans le siècle qui vient. Et de tous les débats fondamentaux que nous devons avoir, celui concernant la capacité à construire l’humanité en sujet positif de sa propre histoire est probablement le plus essentiel. Ce débat correspond par excellence à l’ambition la plus radicale et en particulier dans sa vocation internationaliste. Pour éviter la sortie de route pour l’humanité , il est très important d’avoir un imaginaire positif. Autant, comme le disait Hans Jonas dans « Le principe responsabilité », il existe une heuristique de la peur, autant une lucidité sur la gravité des risques est évidemment nécessaire. Sinon nous sommes dans la politique de l’autruche.
Fournir un imaginaire positif
Il est insuffisant d’intervenir simplement sur les peurs, parce que, inévitablement, la peur finit par générer de l’impuissance et de l’angoisse. Nous avons l’obligation de fournir de l’imaginaire positif, et l’imaginaire positif c’est précisément du désir d’humanité. C’est le fait de dire, certes l’humanité est au 21éme siècle confrontée à des rendez vous cruciaux sur lesquels elle joue sa propre existence ; mais de la même façon que le rameau hominien a failli disparaître à plusieurs reprises : parce que c’était l’espèce la plus vulnérable, il a été capable de se maintenir et de progresser, parce qu’il y a eut des sauts qualitatifs dans l’ordre de la conscience. A l’intérieur de l’évolution biologique nous sommes confrontés à un problème de même nature qui n’est pas dans l’ordre de l’évolution biologique, qui n’est pas dans l’ordre de l’hominisation mais qui est dans l’ordre de l’humanisation : « comment grandissons nous en humanité ? ». Comment saisissons nous l’occasion de ces défis ? Que soit le défi écologique, que soit le défi du passage des guerres de civilisations à des dialogues de civilisations, que ce soit les défis de la construction d’une citoyenneté et d’une démocratie mondiale. Comment les saisissons nous, de telle façon que l’humanité puisse à travers ces rendez vous critiques franchir un saut qualificatif de sa propre histoire ?
Les enjeux passionnels et émotionnels sont déterminants
Alors, là, nous tombons sur une question qui est rarement évoquée, en particulier sur le plan politique : les enjeux passionnels et émotionnels sont déterminants. La définition la plus classique du développement durable, c’est à dire la capacité à satisfaire les besoins de la génération présente, sans hypothéquer ceux de la génération future ». Une définition qui, certes, représente une avancée considérable mais qui reste sur le plan anthropologique une définition faible et réductrice, précisément parce qu’elle raisonne en terme de besoin. Au sens strict, le besoin est ce qui permet à une espèce ou à un individu de se maintenir en vie, et de progresser dans sa propre reproduction et conservation. Or les problèmes de besoin sont des problèmes simples à résoudre.
Ce qui est compliqué, pour l’humanité ce n’est pas du coté du besoin, c’est du coté du désir et de l’angoisse. Prenez les chiffres officiels du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) : avec 50 milliards de dollars supplémentaires par an, on pourrait éradiquer la faim dans le monde, permettre l’accès à l’eau potable pour les 6 milliards d’êtres humains, assurer les soins de base. Ce n’est pas un problème de rareté, ni physique, ni technologique, ni monétaire, qui crée les condition du mal-fonctionnement mondial. Alors qu’on n’arrive pas à trouver ces 50 milliards de dollars supplémentaires, on en trouve 10 fois plus (500 milliards de dollars annuels) rien que pour les dépenses de publicité, sans parler des dépenses d’armement (900 milliards de dollars par an) ou celles consacrées aux stupéfiants (400 milliards de dollars par an).
Cà veut dire quoi ? Cela veut dire que le problème majeur du mal-développement mondial n’est pas un problème de rareté et d’une logique linéaire du développement, où il y aurait d’un coté des développés et de l’autre des « en voie de développement » et dans notre grande compassion on serait prêts à faire des transferts de richesse pour accélérer ce développement. Le problème principal, ce qui est au cœur des 900 milliards de l’armement c’est la gestion de la peur et de la domination : c’est typiquement un enjeu passionnel. Ce qui est au cœur des 500 milliards de dollars sur la publicité, est au cœur du problème de la gestion du désir dans nos sociétés. Ce qui est au cœur des 400 milliards autour des stupéfiants c’est que nous sommes dans des sociétés toxico-maniaques.
La cupidité et le désir de possession au cœur du mal développement mondial
Fondamentalement, quand le seul projet de vie qui est proposé, dans une société de marché, est de devenir un producteur compétitif cela veut dire que, comme le dit aussi bien le discours économique que médical dominant, dans cette perspective la vie est un combat qui de toute façon se termine mal. La mort est un échec, la vie est un combat. C’est une vision totalement désespérante. Sur les deux questions fondamentales de l’être humain qui sont la question de l’amour et la question du sens, qui sont les deux ressources passionnelles majeures de tout être humain, la réponse est qu’il n’y a pas de sens et autrui est une menace. Nécessairement sur le plan émotionnel, cette réponse est une source de désespoir et ce désespoir comment est-il compensé ? Il est compensé par un processus d’oubli, d’excitation et de divertissement au sens pascalien du terme et nos sociétés sont des sociétés maniaco-dépressives. Elles compensent en permanence leur vide de projet, leur angoisse dans leur rapport à autrui et dans le rapport à l’avenir par de l’excitation et dans les modalités de l’excitation vous n’avez pas simplement les drogues sous les différentes formes, les drogues classiques plus de l’alcool, du tabac, vous avez de la drogue sous la forme de la richesse monétaire, la drogue du pouvoir, celle de la gloire, etc.… C’est-à-dire que l’on a fondamentalement un mécanisme comparable au mécanisme toxicomaniaque où la situation profonde de mal être que génère cette source de désespérance est compensée par de la dose qui au fur et à mesure qu’elle est prise fait la preuve de sa vacuité et donc il y a un « toujours plus ».
C’est ce que Gandhi avait appelé « la cupidité et le désir de possession » : quand je prends mes chiffres des Nations Unies, mes 50 milliards d’un côté qu’on n’arrive pas à trouver et puis de l’autre mes 900 milliards plus mes 500 milliards plus mes 400 milliards de dollars qu’on trouve par ailleurs. Gandhi avait dit : « il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais il n’y en a pas assez s’il s’agit de satisfaire la cupidité de chacun » ... Et singulièrement la cupidité des acteurs qui sont les grands malades, les plus avancés dans la toxicomanie de la passion de pouvoir ou de la passion de richesse.
A côté des enjeux des éco-systèmes, des enjeux des socio systèmes qui sont bien évidemment des enjeux structurants, il faut traiter aussi les enjeux passionnels, les enjeux émotionnels. Je propose de les appeler enjeux des « écosystèmes émotionnels » ou des émo-systèmes. Il s’agit des conditions dans lesquelles des êtres humains peuvent aller dans une évolution extraordinairement plus large que beaucoup d’autres espèces, vers des situations qui tendent vers le meilleur de l’humanité mais qui peuvent aller également vers le pire de l’inhumanité. Vous ne trouvez dans aucune autre espèce l’équivalent des conditions de carnage qui, de la Saint-Barthélemy au Rwanda en passant par Auschwitz, montrent le degré de maltraitance dont l’espèce humaine est capable aussi bien à l’égard des autres espèces qu’à son propre égard. Cette question de la production du désir d’humanité et de la façon dont on travaille sur les environnements écologiques, sociologiques et émotionnels, sur des espaces qui font que ce soit le meilleur de l’humanité plutôt que le pire de l’humanité qui l’emporte c’est typiquement une question qui est à la convergence du meilleur de la tradition socialiste et du meilleur de la tradition écologiste.
Revisiter la question de la richesse
Alors pour faire ça il faut aussi aller s’attaquer à deux points durs sur lesquels la tradition socialiste a, à mon avis, laissé en grande partie le chantier en friche. C’est précisément la question qui a été amené à travailler ces dernières années avec le « rapport à la richesse » de Patrick Viveret : il s’agit de revisiter profondément la question de la nature même, de la définition, de la production et de la richesse. Une convention historique s’est élaborée, une sorte de compromis historique, culturel, entre la tradition marxiste, la tradition libérale et la tradition keynésienne qui s’est construite dans l’entre-deux-guerres, et qui s’est formalisée dans l’après-guerre avec les systèmes de comptabilité nationale, avec la représentation de la richesse avec l’agrégat le plus connu qui est bien évidemment le PIB et qui ont comme caractéristique d’avoir une vision totalement étriquée de la richesse et en grande partie contre-productive sur les deux questions fondamentales sur lesquelles en définitive l’humanité joue justement son avenir. Ces deux questions sont d’un côté la question écologique et de l’autre la question humaine dans toute son épaisseur, la question sociale étant évidemment l’un des enjeux majeurs de la question humaine mais la question humaine ne se réduit ni à la question écologique ni à la question sociale.
Sur le plan écologique, notre vision de la richesse est quasiment inversée. À partir du moment où on définit la richesse comme ce qui est rare est cher, tout bien qui a la malencontreuse idée d’être abondant et gratuit est du même coup considéré comme non richesse et à ce moment-là des biens écologiques fondamentaux ne prennent de la valeur au sens économique du terme qu’à partir du moment où ils sont en voie de destruction ou de pollution. L’eau, l’air, etc. n’ont pas de valeur mais à partir du moment où il va falloir construire une industrie de l’assainissement, de la dépollution, etc. ils vont prendre de la valeur. Il en est de même d’ailleurs dans le rapport de l’eau et de l’amour. Dans nos systèmes de comptabilité nationale, les rapports amoureux n’existent que pour autant qu’ils sont tarifés. Ils n’ont aucune valeur s’ils sont gratuits. Donc vous avez un changement radical sur la perception de la richesse. C’est l’un des programmes majeurs d’un socialisme écologique, j’appelle cela programme amour / eau fraîche, qui contrairement à ce que l’on pourrait penser, est un des éléments fondamentaux de la construction du désir d’humanité.
Il s’agit donc de remettre en question des modes de représentation, et évidemment de calcul de la richesse parce que derrière les comptes, vous avez des contes, je veux dire que derrière des comptes, vous avez des choix de société, vous avez des récits. L’identité narrative dont parle Paul Ricœur, ce sont les contes. Vous avez un récit narratif qui s’est construit autour du couple de la guerre et l’industrie dans l’entre-deux-guerres et qui s’est formalisé dans l’après seconde guerre mondiale. Ce récit narratif est totalement inadapté aux questions politiques, économiques, sociales et écologiques qui sont devant nous.
Et s’attaquer à ces questions apparemment techniques qui sont celles de la représentation, du calcul de la richesse est tout à fait décisif.
Il existe une convention totalement inacceptable qui fait que d’un côté il y a des acteurs qui sont censés être des producteurs de richesse, sous-entendu les entreprises et d’autre part des catégories qui sont censées être des ponctionneurs ou des préleveurs de richesse. Quand la société accepte cette convention elle est déjà en posture défensive. Or cette convention doit être remise en cause. Une fois que vous avez accepté de dire que la totalité du travail domestique, qui représente en temps humain un temps très nettement supérieur à ce que représente le travail au sens statistique du terme, n’a pas de valeur. Quand vous avez accepté de considérer que le bénévolat en termes économiques n’a pas de valeur, vous êtes déjà dans la posture défensive puisque vous êtes condamnés dans cette logique là où d’un côté il y a des producteurs et de l’autre des préleveurs et des ponctionneurs à faire que les objectifs de justice sociale inévitablement vont être perçus dans le débat démocratique comme un prélèvement supplémentaire sur la richesse. Il va falloir plus d’impôt, plus de cotisations sociales, etc. Si on veut mettre en cause complètement en question ceci, il faut attaquer et renouveler très profondément la façon dont on nomme, dont on représente et dont on compte la richesse.
Revoir le rapport à la monnaie
Il faudra faire la même opération sur quelque chose qui est encore plus tabou et plus insensé qui est le rapport à la monnaie. Les conditions dans lesquelles on produit, on émet, on fait circuler les monnaies, correspondent à une situation de captation qui est totalement gravissime sur le plan démocratique. La construction d’un autre rapport à la monnaie est essentielle, de façon à ce que la monnaie joue son rôle majeur qui est un rôle de facilitation d’échange et d’activité. Alors qu’aujourd’hui, par rapport à cette fonction centrale, nous avons des monnaies qui sont en situation de contre productivité. Pour reprendre l’analyse fameuse d’Ivan Illich : pour 3 milliards d’êtres humains la monnaie ne joue pas son rôle de facilitateur de l’échange et de l’activité puisqu’il n’y a pas, ou pas assez de monnaie. Quand vous avez 3 milliards d’êtres humains qui n’ont pas accès aux crédits bancaires , ou qui vivent avec moins de 1 ou 2 dollars par jour, et bien cela veut dire que la monnaie ne remplit pas son rôle. Donc il y a une sous monétarisation à un pole et sur monétarisation à un autre pole : aujourd’hui dans le monde, 225 personnes disposent d’une fortune totale qui est égale aux revenus cumulés de 3 milliards et demi d’êtres humains ! C’est tout simplement de l’hyperinflation dans l’économie spéculative. Vous remarquerez d’ailleurs que le phénomène de toxicomanie maniaco-dépressive que j’évoquais tout à l’heure, atteint précisément dans l’économie spéculative sa forme la plus radicale . Rappelez vous ce disait le « Wall Street Journal » au moment du krach de 1987 : « Wall Street ne connaît que deux sentiments : l’euphorie ou la panique ». L’économie spéculative est une économie de la drogue au sens propre comme au sens figuré. Arrêtons de faire cadeau des libertés au capitalisme
Pour faire converger le meilleur de la tradition écologique et le meilleur de la tradition socialiste, faire converger, dans une perspective planétaire, la construction européenne et la construction de l’identité française par rapport à ce double enjeu écologique, et ce double enjeu de la question humaine et de la question sociale ; alors, le cœur de ce projet c’est effectivement de penser une alternative aux logiques de guerre ... et aux logiques de guerre dans le rapport à la nature. Souvenons-nous de l’une des phrases les plus significatives de la modernité prononcée par le philosophe Francis Bacon, qui fait apparaître notre Descartes extraordinairement timide. Bacon a osé dire ceci : « la nature est une femme publique, il nous faut la mater, en pénétrer les secrets et la plier à nos désirs ». Il y a un lien profond entre la posture machiste et la posture anti écologique. L’enjeu est bien de sortir du rapport guerrier à la nature, du rapport guerrier à autrui, du cœur même de la logique de ce qu’il faut bien appeler, non pas du libéralisme, mais du capitalisme autoritaire. Arrêtons de faire des cadeaux au capitalisme ! On lui avait fait cadeau de la mondialité, heureusement maintenant avec cet autre imaginaire, qui est « qu’un autre monde est possible », il y a une réappropriation démocratique positive de la mondialité. On sait bien aujourd’hui que le temple de l’anti-mondialisation est à Washington. C’est là que partout où il y a du projet de régulation mondiale nous avons, arc-boutée, l’administration américaine contre tout projet de régulation écologique, contre toute régulation judiciaire : la Cour Pénale Internationale, contre toutes réformes des Nations Unies qui iraient dans le sens d’une régulation mondiale. Donc de la même façon que nous avons commencé à réincorporer l’imaginaire positif de la mondialité en le remettant dans la trajectoire historique de l’internationalisme, il nous faut faire la même chose sur la question des libertés et arrêter de faire cadeau au capitalisme des libertés et du libéralisme ! Rappelons nous la distinction majeure de Fernand Braudel entre marché et capitalisme, ou la distinction de Polanyi entre économie de marché et société de marché. Le capitalisme est une logique de puissance qui détruit tous les échanges, y compris les échanges économiques marchands. Il faut de la régulation pour maintenir l’échange y compris des marchés c’est en ce sens que les marchés et les économies sociales des marchés des Etats providences sont en grande partie une conquête des mouvements ouvriers, parce que le cadre juridique, politique qui permet la régulation est le cadre même qui permet d’éviter la destruction par le capitalisme des logiques d’échanges, y compris des logiques d’échange marchands.
Grandir en humanité
Sortir de la logique de guerre dans les rapports à autrui c’est arrêter de considérer que la vie est un combat perpétuel contre autrui, que cet autrui soit l’autre personne, ou l’autre peuple ou n’importe quelle catégorie d’acteurs. L’aventure humaine doit être vécue comme une aventure mystérieuse, dans laquelle les autres sont des compagnons de voyage dans cette aventure, et du même coup sortir, aussi, de la logique de guerre dans le rapport à soi -même. De la même façon que vous avez une tension dynamique entre le local et le global, il nous faut penser l’autre tension dynamique qui est entre le personnel et le mondial. L’enjeu de l’aventure humaine se joue simultanément pour la collectivité humaine dans son ensemble et dans chacune de nos propres vies. Comment pouvons nous échapper aux logiques de peur ? Et de désespérance ?
Comment pouvons nous échapper dans nos propres vies aux logiques de guerre ? Qu’est ce que la guerre intérieure contre soi ? Et bien, c’est cette situation permanente de la tension (en 2 mots ) alors que l’alternative positive : ce que disent, par exemple, des sagesses ou des traditions, c’est l’attention (en un seul mot), c’est l’art de vivre « à la bonne heure », l’art d’être intensément présent à l’aventure de vie, et de vivre le présent comme un cadeau. La captation du temps, soit par la passion de richesse monétaire dans le capitalisme soit par la passion de puissance telle que le collectivisme d’état nous l’a dévoilée, est en permanence un système de dépossession du temps présent au nom d’un avenir futur. Le temps ne devient de l’argent que parce que c’est un temps mort, qui devient de l’argent ou qui devient du pouvoir en terme du passion de puissance ; donc, l’art de bien-vivre devient ou redevient une question politique centrale. Le mal développement mondial, qu’on retrouve dans les 900 milliards de dollars de la peur et de la domination de l’armement, dans les 500 milliards de dollars de la publicité, dans les 400 milliards de dollars des stupéfiants, vient d’un dérèglement majeur du désir en désir de possession. La façon dont nous changeons la nature de nos désirs, pour que la nature du désir soit un désir dans l’ordre du développement de l’être et pas simplement de l’avoir est une question qui avait déjà été posée en son temps par Marx avec celle du passage du règne de la nécessité au règne de la liberté : la liberté n’est un cadeau pour l’humanité, individuellement ou collectivement que, pour autant que nous sommes capables de « grandir en humanité ».
Produire de la haute qualité démocratique
Et cette question là est éminemment une question politique, ce n’est pas simplement une question privée ou une question personnelle, il faut construire la question humaine comme question politique et du même coup, et c’est mon dernier point, l’enjeu démocratique et l’enjeu d’une mutation de la qualité démocratique devient déterminant. Tant que la démocratie reste une forme historique de démilitarisation de la lutte pour le pouvoir, c’est évidemment un progrès formidable dans l’histoire humaine, il suffit de voir ce qui se passe à chaque fois que la lutte pour le pouvoir devient ou redevient violente. Mais si elle reste la lutte pour le pouvoir, en tant droit à dominer autrui, cette forme démocratique là n’est pas en état de traiter la plupart des questions qui sont devant nous, du niveau le plus global au niveau le plus local. Face à des questions ou le degré de complexité est important, où on ne peut pas dire que les choix se présentent d’une façon binaire ; une démocratie qui se définit simplement par une origine quantitative du droit à dominer autrui, ne peut pas traiter ces questions là. Donc nous avons besoin de produire de la haute qualité démocratique, c’est à dire une démocratie qui change la nature du rapport au pouvoir. C’est ce qui était d’ailleurs le cœur du programme auto-gestionnaire. Il y a une formidable actualité de la question auto-gestionnaire ; parce que la question humaine c’est la question de l’auto-gouvernance de l’humanité par elle même ... ce qui est la question auto-gestionnaire par excellence ! Eh bien ; on ne peut construire de la qualité d’ auto-gouvernance de collectivités humaines que pour autant que la démocratie se définit par la qualité de formation du jugement civique, c’est la qualité de citoyenneté, beaucoup plus que la quantité originaire du nombre de gens qui définit une ligne qui devient à ce moment là le critère des civismes.
Mieux vivre ensemble… Osons la fraternité !
Et là nous avons des questions qui sont très concrètes. Ca me passionne tout à fait. C’est pour ça que j’ai accepté de revenir dans des lieux, parce je pense aujourd’hui, qu’entre les acteurs de cette société non seulement civile mais civique internationale et des acteurs membres des partis, il y a un enjeu absolument considérable à construire un processus de qualité démocratique large, tel que ce soit des millions de personnes et non pas des milliers de personnes, qui construisent le processus qui donnera une réponse de qualité démocratique à des enjeux tels que 2020 pour la France ou aux enjeux de même nature qui sont devant nous sur le plan européen ou sur le plan mondial. Et donc si on lie ces questions là, il y a bien une tension dynamique entre des enjeux de transformation collective sur le plan écologique et social, mais aussi des enjeux de transformation personnelle qui doivent être pensés, non pas contradictoirement, mais de façon complémentaire et dynamique.
Ecologie au Quotidien Rhône-Alpes
Texte de Patrick Viveret aux Rencontres de Die, (réactualisé)
Le Chastel 26150 DIE, France
Tel : 04 75 21 00 56       
Vidéos des Rencontres de l'Ecologie
Film de 1,56mn : http://www.terrealter.fr/voir.php?id=4
2009 Film de 2,30mn : http://www.dailymotion.com/video/xa2yh4_ecologie-au-quotidien_webcam?from=rss
« Réseau Diois Transition Biovallée de la Drôme »
Membre du réseau CENTRE : European Network of Bio-Districts

dimanche 28 mai 2017

Biovallée : La Transition c’est nous !



La Transition c’est nous ! 

Alors que s’achèvent les 4 jours de colloque sur la « Transition »en Biovallée  organisés par « le Laboratoire de la Transition » revenons sur ce concept qui permet de mobiliser toutes et tous les habitantEs d’un territoire, sans  a priori et sans exclusion. (Photo : Ecosite de Eurre: une partie des 70 transitioneuses-eurs ).
Par transition on désigne aujourd’hui une phase très particulière de l’évolution d’une société, où celle-ci rencontre de plus en plus de difficultés, internes et/ou externes, à régénérer un système économique et social sur lequel elle se fonde et commence à se réorganiser, plus ou moins vite ou plus ou moins violemment, sur la base d’un autre système qui finalement devient à son tour la forme générale des conditions nouvelles d’existence.
Quelques idées force
1. Dans un système complexe, une transition décrit le passage d’un état de départ devenu instable à un état d’arrivée stable ou en tout cas, adapté aux nouvelles conditions du moment.
2. Notre monde, nos systèmes sociaux, démocratiques et techniques, nos organisations, ont de multiples raisons d’entrer en transition. Mais ils ne le font pas ou peu, ou trop timidement.
3. La plupart des transitions souhaitables, notamment la transition écologique, savent raconter leur but, mais échouent à définir un chemin…
4. Ces transitions sont faites pour se rencontrer. C’est l’ambition que poursuit cette édition du « Laboratoire de la Transition ».
5. Utilisez les actes qui vont suivre ces 15,16, 17 et 18 mai 2017 à Eurre et à Die sont à la fois comme une invitation à agir, et comme une boîte à outils pour le faire.
Un monde en Transition
Soit un monde, le nôtre, dont les principes organisateurs cessent peu à peu de fonctionner comme auparavant sous la pression :
- de tendances lourdes, sur lesquelles nous n’avons guère d’influence à horizon visible : le changement climatique, l’épuisement de nombreuses ressources naturelles, le vieillissement de l’Occident et d’une partie de l’Asie…
- de tensions internes que nous ne savons plus contenir : l’explosion des inégalités, l’ingouvernabilité de la finance, le poids des économies mafieuses, la recherche parfois violente de sens, de certitudes voire d’appartenance…
- d’innovations et de pratiques émergentes qui, en s’étendant et s’agrégeant, finissent par substituer leurs mécanismes nouveaux aux anciens : pour ne parler que d’eux, le numérique et ses pratiques subvertissent à la fois les règles de l’économie de marché (rendements croissants, effets de réseaux, ‘communs’…) et celles des modèles administrés (horizontalité, transparence, ouverture…).
Ce monde n’a d’autre issue que de changer.
Et alors ? Le monde a changé bien des fois dans le passé, qu’y a-t-il de neuf cette fois ? Ceci : que, confronté d’une part à sa finitude (celle des ressources et de l’écosystème) et à son unification (par les médias, les réseaux… et les défis environnementaux), il doit penser et choisir sa destination ; et se tailler un chemin dans cette direction ; en sachant bien que chaque pas, chaque choix d’orientation, modifie un peu le point d’arrivée.
Nous venons de décrire une transition, avec tous ses ingrédients : un système complexe ; un état de départ rendu instable par des changements venus de l’intérieur comme de l’extérieur ; et son passage vers un nouvel état significativement différent du précédent, en empruntant un chemin de transformation plus ou moins long, escarpé et incertain.
Nous savons nécessaire une transition ‘durable’ de notre modèle de développement.
Nous le savons même depuis longtemps : pour certains depuis le rapport du Club de Rome sur les ‘limites de la croissance’ en 1972 ; ou le rapport Brundtland (1987) qui installe l’expression ‘développement durable’ et conduit à la création du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 1988) ; ou le premier « Sommet de la Terre » à Rio en 1992, d’où est issu l’Agenda 21 ; en tout cas depuis son successeur à Kyoto (1997), où fut signé le Protocole du même nom.
Pourtant la transition écologique n’a pas eu lieu.
Elle est à peine engagée. Nos manières de vivre, de produire, de consommer, de nous déplacer, de gérer nos communs n’ont guère changé. Si le ‘bilan carbone’ de l’Europe semble s’être amélioré depuis que les engagements de Kyoto ont été pris, elle le doit dans une large mesure à la délocalisation de son industrie. De rapport en rapport, le GIEC alerte :
« Malgré la mise en place de plus en plus fréquente de politiques visant à les réduire, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 2,2 % par an entre 2000 et 2010 ; c’est plus que sur la période 1970-2000, au cours de laquelle ces émissions ont augmenté en moyenne de 1,3 % par an 1. »
Que faire ?
- On tente de faire mieux à la prochaine conférence internationale, par exemple la COP21 à Paris fin 2015. Les résultats des 20 précédentes éditions n’invitent pas à l’optimisme…
- On anticipe le pic pétrolier et le changement climatique en se repliant sur la recherche pragmatique d’une ‘résilience’ locale : c’est l’approche des ‘villes en transition’…
- On réduit la taille du problème pour passer de l’échelle de la Planète à celle d’une ville, d’un territoire, d’un réseau, d’un marché, d’une entreprise… les ‘agendas 21’ adoptés par des villes et des entreprises, les travaux du Knowledge Network for System Innovations and Transitions (KSI) néerlandais se situent à cette échelle…
- Ou encore, on regarde autour de nous, à la recherche de forces suffisamment puissantes pour produire des changements majeurs dans les systèmes apparemment les plus figés.
Quelles forces de changement ?
Pas celui qui fournirait magiquement les solutions à nos maux économiques, sociaux, politiques et environnementaux : les innovations sont aussi l’un des produits, l’une des manifestations de notre modèle de développement non soutenable. La recherche de réponses purement techniques au vieillissement de la population, à la surconsommation de ressources ou au changement climatique est en fait timorée et conservatrice : elle n’est pas et ne sera jamais à la hauteur de l’enjeu (aucune technique ne peut permettre à elle seule d’atteindre le ‘facteur 4’, la division par 4 de nos émissions d’ici 2050 à laquelle la France et l’Europe se sont engagées) ; et elle produit généralement toutes sortes d’effets secondaires (les téléservices engendrent de nouveaux déplacements, le recours excessif aux automates pour soigner les personnes âgées crée de la solitude et aggrave leur état…).
Les habitantEs  principale énergie renouvelable
- Mais plutôt cette force vitale qui en fait aujourd’hui le pôle d’attraction de millions d’innovateurs, expérimentateurs et d’entrepreneurs et la source de la transformation d’à peu près tous les secteurs, tous les domaines d’activité humaine, toutes les organisations, tous les territoires,…
- celle qui a transformé pour toujours le paysage des réseaux, des médias et de la culture, avec l’internet, le web, la ‘convergence’ via la dématérialisation, le ‘pair à pair’,
- celle qui a donné naissance aux réseaux sociaux, au mobile, au GPS, qui ont si profondément transformé notre quotidien,
- celle sur laquelle s’appuient Wikipédia comme BlaBlaCar, Uber comme le logiciel libre, pour transformer tout un marché à leur bénéfice ou même en créer un tout neuf,
- celle de la fulgurante propagation de #jesuischarlie, des lanceurs d’alerte, des printemps arabes… et des vidéos de Daech adressées aux jeunesses perdues du monde ? Oui, c’est bien la même force.
Métamorphoses
Ces transitions, qui englobent mais dépassent l’informatique, ont une affinité naturelle, presque physique, avec le changement. En transformant (presque) tout objet en octets et toute action en programme, il rend les uns et les autres à la fois plus plastiques et plus homogènes, donc plus aisés à recombiner. En interconnectant personnes, octets et programmes, il étend à l’infini la diversité des acteurs comme le nombre de leurs combinaisons possibles – et par conséquent l’incertitude, jusqu’à une forme d’incertitude radicale qui devient notre état normal.
Cette force a une sorte de direction : les transformations possèdent plusieurs caractéristiques communes. Mais elle n’a pas vraiment de but : qui saurait dire à quoi ressemble le monde d’après la/les transition(s)?
Une transition associe un chemin à un but. Les autres transitions aujourd’hui considérées comme souhaitables, à commencer par les transitions écologique et démocratique, ont en quelque sorte le problème inverse : elles savent assez bien dire où elles nous emmènent, et assez mal dire comment.
Ces récits de transition sont faits pour se rencontrer. Ils ne le font pas assez. Nous avons l’ambition de changer ça. (Photo2 : une partie des 80 transitioneurs-euses réuniEs à Die ).
Contre le fatalisme … poser des outils pour penser et engager les changements.
Parce que c’est maintenant et pas dans 10 ans…
- que l’action publique doit se coproduire avec les citoyens,
- que l’École doit se reconnecter à la pulsation du monde,
- que la santé doit devenir sociale, préventive et holistique,
- que les territoires doivent réécrire un récit collectif à la fois frugal, inclusif et désirable,
- que les entreprises doivent redevenir un lieu d’épanouissement pour les gens,
- que la recherche…, que les médias…, que la démocratie…, que la ‘culture’…, que les mobilités…, que l’Europe…, que…
 
Cette édition de « laboratoire de la Transition » peut d’abord se lire comme une invitation à sortir du fatalisme (« ça fait 30 ans qu’on en parle ! », « à mon échelle je ne peux pas faire grand-chose ») ou du déterminisme (« l’avenir – radieux ou sombre – est écrit »).
- Un, nous pouvons tous penser des transformations à l’échelle des systèmes dont nous sommes des agents.
- Deux, ce faisant nous réalisons qu’il existe plusieurs histoires de transition, avec plusieurs fins, qui dépendent de nous.
Trois, en racontant ces histoires, nous nous y projetons et nos actes influencent l’avenir commun comme le nôtre propre.
L’avenir est à écrire
L’avenir est à écrire comme le récit d’une transition. Nous l’avons fait cette année à propos de quatre domaines : la démocratie, le Travail et l’entreprise, l’école, la post-croissance.
À votre tour, vous pouvez le faire là où vous êtes. Cette 1ère édition du « Laboratoire de la Transition »  peut s’utiliser comme une boîte à outils pour écrire le récit d’autres transitions : celles qui vous concernent.
M.C.D.

Et le politique ?
La rigidité et la verticalité des organisations publiques ne leur permettent pas de s’adap­ter rapidement aux transforma­tions de la société.
Mondialisation, décentra­lisation, économie numérique... contribuent à la porosité des frontières, réduisent la portée des politiques natio­nales, questionnent la souverai­neté et imposent de reconstruire la maîtrise publique.
L’écart se creuse entre les attentes des individus et les modes d’action publique classiques, qu’il est important d’ouvrir.
Le jeu d’acteurs évolue dans tous les champs de l’action publique, incitant à fédérer les dynamiques.
Le numérique peut favoriser le décloisonnement de l’action publique.
L’action publique est à la fois plus attendue que jamais, et plus incertaine que jamais quant à ses missions, ses métiers, ses manières d’agir.
Elle est constamment critiquée pour sa difficulté à produire de la sécurité, des services essentiels qui marchent, mais aussi du sens, des valeurs, du lien, des rites, des formes efficaces de délibération ou d’arbitrage : ce qui dessine, en creux, une forte demande.
Elle apparaît aussi constamment décalée face à la complexification du réel et celle des sujets, à l’imbrication des temps et des échelles, à l’accélération des cycles : le défi est immense.
Ce défi est d’autant plus difficile à relever que des vagues successives de nouveaux acteurs, appuyés sur de nouveaux outils et de nouvelles manières d’agir, se proposent de prendre en charge certaines de ses missions, des pans de l’intérêt général, les nouveaux services qui remplaceront les anciens...
Les transitions est souvent le levier dont se servent ces nouveaux acteurs. Des acteurs publics s’en sont eux-mêmes emparés depuis longtemps. Mais, tandis que leurs nouveaux concurrents en faisaient un outil de transformation continue, protéiforme, imprévisible, ils s’en sont servis pour optimiser l’existant au prix, souvent, d’une rigidification à contre-courant.
Ces tensions produisent un affaiblissement profond de la ‘puissance publique’, auquel s’ajoute une incertitude presque existentielle. Or notre monde a besoin de ce qu’elle peut apporter : du long terme pour appuyer la réactivité, de la continuité entre échelles, de l’inclusion, des ‘communs’ pour que la concurrence ne débouche pas toujours sur des monopoles... et parfois, de la force pour faire face aux menaces.
La transition qui attend l’action publique et ceux qui la conduisent peut leur redonner sens et vie, au prix de transformations profondes. Mais le monde n’attend pas : elle doit s’engager vite, ou bien il pourrait être trop tard.

Ils ont écrit :

« Les nouveaux mouvements sont enracinés dans l’expression personnelle des indivi­dus, mais ils ne sont en rien individualistes dans le sens néolibéral du terme. Ils visent à développer des communautés d’amitiés, d’intérêts partagés, de pratiques communes ou de voisinage dont les produits sont placés sous des statuts de communs librement utilisables ou partagés (selon leur nature). Ces communautés peuvent développer des activités commerciales ou de mutuali­sation monétaire, mais comme un moyen parmi d’autres d’assurer leur soutenabilité. Les individus participent fréquemment à plusieurs communautés et leur implication prend la forme d’une participation aux activi­tés plutôt que d’une appartenance ou d’une affiliation. »
Philippe Aigrain, « Les actions décentralisées des citoyens peuvent-­elles régénérer la démocratie ? » Internet Actu, 2014

« La stratégie de domination du capital consiste à empêcher la naissance d’autres activités et à conduire les gens à considérer que le travail rémunéré, le travail­ marchan­dise, le travail­emploi est indispensable à leur activité et à leur épanouissement personnel. En réalité maintenir les gens dans la pers­pective du travail ­emploi alors qu’il y en a de moins en moins, de plus en plus fractionné, de plus en plus précaire, de plus en plus surexploité et de moins en moins assuré, c’est une stratégie de domination. »
André Gorz, entretien sur France Culture, 2005 

« Puisque nous avons le savoir et les technologies devant nous, nous sommes condamnés à devenir inventifs, intelligents, transparents. L’inventivité est tout ce qu’il nous reste. »
Michel Serres, Les nouvelles technologies : révolution culturelle et cognitive, Conférence pour les 40 ans d'Inria, in interstices.info, 2007

mardi 2 mai 2017

Diois Transition relancé après 6 ans ...



« Diois Transition »
- Relance des groupes « Transition du Diois »
- Depuis 6 ans,  après « les Rencontres de l’ Ecologie de 2012 », divers groupes se sont emparés du concept de Transition sur différents thèmes : une monnaie locale complémentaire (SOL de la CCVD puis Ecologie au Quotidien puis Ecole de la Nature et des Savoir, puis Ben et Linette), des Incroyables Comestibles ( présentés à la fête des jardins 2014),  compostage ( avec les Amis de Circée et Olivier Canivet),  banque de semences  ( réseau Herbes Fines et Jérôme Mougnoz),  les  sentiers dans la ville ( Céline et Claude),  formation générale à la Transition ( Claude Veyret et Olivier Robin). A ce moment là ont été créés une adresse mail reseaudioistransition@gmail.com, un blog http://dioistransition.blogspot.fr/  et un logo. Denis pense « qu’il est important de se réapproprier le passé de Die et ce qui a déjà été construit. Cela peu éviter de faire des bêtises ». Claude s’est engagé à donner les codes d’accès à Vivien et Elisa. Idem pour les Incroyables Comestibles
Diois :http://incroyablescomestiblesdiois.blogspot.fr/ et incroyablescomestiblesdiois@gmail.com.


- Sur Crest les « Groupes Transition transition valdedrome@gmail.com
(Alimentation, Energie, mobilité, compostage, démocratie) » initié par « écologie au Quotidien » et « Trièves-Transition » se sont transformés en associations : Topine-en-bourg, Vélo-cargo, Nuit Debout, Energie partagée, l’Usine Vivante, Archijeux, Dryade (Amap bois de chauffage), etc… On peut parler de réussite.



- Sur Die, les personnes sont parties du Diois et le petit groupe final a chicané des réunions entières, presque un an,  sur le pouvoir, l’horizontalité, la défiance par rapport aux autres associations qui oeuvrent sur le territoire…
- Cette année 2017 avec la Venue de Rob Hopkins à Die aux Rencontres de Die, le projet s’affermit avec Nicolas,  Axelle Lesage  et Vivien Autissier, mais aussi  des « Groupes Diois Transition », sur les thème précis : Permaculture ( Nicolas Lesage et Vivien Autissier) , tri des déchets et materiauxthèque ( Denis Aumjaud et Alexandre Ponnet),  monnaie complémentaire locale, Incroyables Comestibles ( Fanny, Valérie et Elisa) , les vergers conservatoires, banque de semences, le compost de centre ville (Léa Alman et Denis Aumjaud ), etc…sont rêvés ou imaginés.
- Ce 11 avril à 18 heures, salle Beauvoisin, Rue Fond Giraude (sous la salle Polyvalente Municipale,  nous nous retrouvions 18 pour partager et imaginer « Demain » !
- Convergence d’associations
- Vivien et Nicolas,  « Ré-enchanteurs de la Terre », ont organisé le vendredi 31 mars à 19 heures film « in transition 2.0 » et dialogues sur la « Transition » à la Salle Communautaire  du Palais Social.  Denis Aumjaud et Alexandre Ponnet travaillent avec « Bis Usus »  sur une recyclerie et matériau-thèque. Claude, Anne, et Jean Louis travaillent sur le « Laboratoire de la transition » depuis 9 mois, un réservoir à idées qui propose une rencontre européenne  au mois de mai 2017 à l’Ecosite de Eurre et au Martouret. Thibault  est sur les « jardins partagés, les potagers rares de l’Aube ». Cécile et Jacques  sont aux « Rencontres de l’écologie de Die ».
Linette a travaillé avec Ben sur une monnaie locale complémentaire : « La Dioises ». Béatrice et Jean Luc sont dans l’enseignement particulièrement une dynamique « Aschoka éducation ». Axelle, dans l’animation expérimente des « outils de gestion des groupes et d’intelligence collective »… Denis est aussi très engagé dans le « Collectif Vélo » qui œuvre sur les mobilités douces « Chaussidoux ».
- Sens et valeurs
- La transition citoyenne c'est ...
- Moi citoyen ce que je fais pour que ça change sans attendre des solutions d'en haut… ( mais en coopération avec les élus locaux)
- Lien entre thématiques écologie, social ...
- Créer des synergies sur tout ce qu'on a porté
- prise de conscience des problèmes
- partager des expériences
- Des actions individuelles -> un impact sur le collectif
- ouverture pour éviter qu'on nous impose le changement
- Un laboratoire de prise de conscience. La transition s’expérimente dans le groupe aussi.
- Apolitisme (dans le sens politique politicienne)
- Rencontre d'alternatives existantes et qui fonctionnent
- Partage enthousiasmant
- Cheminement plus que but
- Réseau qui se construit avec toutes et tous
- Interpellation des élus, des collectivités… (Pas dans l’opposition frontale comme à Crest)
- Un travail collectif et respectueux de toutes et tous
- Développer le faire ensemble - pour tous les publics - l'écologie pour tous (éviter les mots compliqués qui éloignent les gens…)
- Comment maintenant changer de mode de vie et effet de masse
- Montrer à tout le monde le changement et en parler à tous
- Bienveillance
 - Convergence d’envies
- Expérimenté depuis 17 ans aux Rencontres de Die, pour Nicolas, les notion de responsabilités partagées, de co-construction collective, d’intelligence collective, de non-hiérarchie et horizontalité, gestion organique, d’avenir moins vulnérable devant les crises écologiques, énergétiques et économiques, de résilience territoriale sont au cœur des démarches de transition… Jean Louis pose le problème de responsabilité, de nécessité d’énergie forte, ce qui implique que le « pilote » ou le « coordinateur » d’un groupe de travail (authentiquement démocratique dans son fonctionnement) soit « habité » par le sujet/projet.
- Les sentiers de la transition (Cécile)
Les personnes présentes ( Nancy) évaluent que les thèmes précités ont des convergences et reliances : « sentiers dans la ville et incroyables comestibles. Mobilité douce et espaces publics partagés. Connaissance des plantes et entretien populaire des friches ( Zéro Phyto depuis le 1er janvier 2017 ). Compostage et Incroyables Comestibles. Parcours de santé et marche. Journée citoyenne et  sentiers.  Réappropriation de la ville et propreté. Respiration dans la ville et lien social. Economie d’énergie et participation citoyenne. Planter des haies et ouvrir des sentiers fermés ». Nicolas évoque les richesses des lisières (en agriculture comme en sociologie). Thibault et Valérie ont déjà fait des bacs pour des « Incroyables » placés bientôt  Place Jules Plan (CCD). Anna et Jean Claude Reynard avec des amiEs ont plantés des arbres fruitiers au quartier Chanqueyras de Die (avec l’encouragement de la Mairie de Die).
- S’outiller pour être bien ensemble
- Axelle propose un outil de lien où chacun marque sur un papier son envie d’action. Puis physiquement se met en lien avec une autre ou d’autres personnes. Effectivement tous les propositions précitées sont en liens.
- Agenda
- 22 avril assemblée Générale de la Carline.
- Potagers rares : rendez vous ce 24 avril à 13h30 sur les Incroyables Comestibles au jardins partagés de l’Aube.
- Participer à l'échange sur l'organisation de la fête des jardins le Mardi 25 avril à 17h au Jardin de l'Aube.
- réunion Communication de Ecologie au Quotidien ce 28 avril chez Cécile Lacroix 145 RTE PONET LOGT 1208 3E ETAGE à 18h15, ceux qui le souhaitent peuvent rejoindre le groupe.
- 14 mai  visite de la foret de Soubreroche ( Boulc), foret en achat collectif ( 114 actionnaires pour 23 hectares)  avec lecture de paysage de Gilbert David.
- 15, 16, 17, 18 mai : Colloque du « Laboratoire de la Transition » à Eurre (Ecosite Biovallée, le Campus).
- Samedi 3 juin : fête des jardins à l’Aube .
- 9 juin assemblée Générale de l’ESCDD
- 15 juin : Conférence de Jean Jouzel. Il est un climatologue et glaciologue, ex-vice-président du GIEC, qui se voit décerner le prix Nobel de la paix. A l’écosite de Eurre organisé par Biovallée. Prévoir covoiturage à la « Vie Claire » auprès de Claude (04 75 21 00 56) .
- 7, 8, 9 Juillet « Dialogues en Humanité » à Lyon.
- Du vendredi 26 janvier au dimanche 4 février 2018 : « Rencontres de Die 2018 ».
Ce dimanche 16 avril 2017, Claude, Jean Louis, Cécile, Axelle et Denis…

- Invitation prochaine réunion
Bonjour tout le monde,
Suite à cette première réunion, j'ai une bonne dose d'enthousiasme et d'énergie positive qui s'est installée... Merci pour cette première rencontre.
Comme convenu je vous propose une séance de travail pour co-construire tous ensemble une vision de cette Transition à Die. Voici le framadate pour trouver un moment ou nous serons potentiellement le plus nombreux (le lieu sera défini en fonction du nombre d'inscrits).
Durant ce temps nous expérimenterons un outil s'appelant: Mandala Holistique. 
Description: 
Objet / Contexte : Faciliter l’expression de chacun, de valoriser différents modes d’expression, créer une vision commune établie de manière collaborative. Il permet de valider un projet collectif, de donner du recul sur des conflits existants.
Processus : Utiliser un mandala, un dessin organisé avec des motifs rayonnants autour d’un point central. En son centre, on inscrit les valeurs, l’éthique du projet, puis des cercles concentriques de principes et de mise en œuvre pratique, partagés en rayons qui thématisent les sujets spécifiques à aborder. 
Cet outil est tiré du livre de Robina Mc Curdy avec qui je me suis formée, qui a accompagné énormément de création de collectif/projet et qui a écrit " Faire ensemble", descriptif: http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1794
En attendant nos retrouvailles, n'hésitez pas à partager vos élans, vos actions et rdv sur notre groupe, que l'on commence à faire ensemble! :D
A bientôt, Axelle

Axelle, Nicolas, Vivien, Béatrice, Jean Luc, Jean Louis, Cécile, Nico, Anne, Claude, Denis, Jacques, Nancy, Valerie, Linette, Marie Louise, Thibaud et Fanny 
« Réseau Diois Transition Biovallée de la Drôme »